Les fonctions quotidiennes comme mesure du temps dans certaines tribus d'Afrique

26 septembre 2016
  • Tout sur le temps

Le temps linéaire versus le temps cyclique

La mesure du temps linéaire, telle que l’homme occidental la vit, suit comme son nom l’indique une ligne droite avec, comme points de repère, le passé, le présent et le futur. Notre temps n’est pas élastique, nos journées par exemple sont régies par des heures. Nous sommes soumis à des rendez-vous précis. Nos semaines, nos mois, sont organisés très longtemps à l’avance, avec des périodes fixes de travail et de repos.

La mesure du temps cyclique est celle vécue au quotidien par de nombreuses tribus d’Afrique et particulièrement dans les zones rurales voire nomades. Ce sont alors les rythmes naturels des saisons, l’alternance du jour et de la nuit, les rites de passage (enfance – adolescence – âge adulte) qui marquent les repères. L’homme n’a pas de contrôle sur le temps. Il subit les aléas climatiques, les phénomènes naturels. La nature est son calendrier.

Un temps élastique

Les contraintes de ce temps « élastique » sont étroitement liées avec celles de se nourrir, de participer à la vie familiale et sociale. Les récoltes sont synonymes de vie ou de survie. Aussi, quand les récoltes arrivent à maturité, il est urgent de cueillir, sécher, mettre à l’abri, ce qui permettra à tous de se sustenter. Ce n’est qu’une fois les récoltes rentrées que vient le temps de la fête. Il en est de même pour les semailles. Ce n’est pas à un jour précis que l’on sème, mais quand les « Sages » le décident. Ils possèdent l’art, et surtout l’expérience, de reconnaître les signes de la nature, ceux qui permettent aux graines de germer et de donner de bonnes récoltes. L’homme est donc soumis à son environnement, mais il vit en harmonie avec son milieu naturel. Il est à son écoute.

Une approche multi-activités du temps

Alors que notre agenda nous rappelle un rendez-vous chez le dentiste le 15 octobre à 11 heures, l’homme d’une tribu rurale d’Afrique ne conçoit même pas, lui, une rupture de temps entre la période d’activité et celle de « détente ». Tout ce qu’il entreprend est au bénéfice de son épanouissement et de celui de sa tribu. Aussi tout est inextricablement lié. Le temps ne connaît aucune rigidité. Il appréhende de la même façon récoltes et semailles, fêtes et cérémonies, rites et jeux.

Le temps de la liberté ?

Méditons cette phrase écrite par Frédéric Titinga Pacéré : « Si la branche veut fleurir, qu’elle honore ses racines ». L’homme traditionnel africain est avant tout tourné vers le passé. Celui-ci le sécurise car c’est de là qu’il tire son savoir, son expérience, la connaissance de ce qui l’entoure. Mais il est également soumis au culte de ses ancêtres et le non-respect des traditions pourrait être immédiatement sanctionné. Aussi, le passé est le présent mais doit être aussi l’avenir. La survie de la tribu en dépend. Nous vivons pour un avenir toujours plus incertain. Il existe pour que le passé survive. Deux notions qui ont le temps pour socle commun, malgré toutes les différences.

 

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