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Loi de Douglas Hofstadter : on ne prévoit jamais assez de temps !

27 septembre 2016
  • Optimiser son temps

La loi de Hofstadter ou Loi de glissement de planning

C’est évident : lorsqu’il s’agit de prévoir combien de temps va prendre une tâche de recherche ou de développement, on ne prévoit jamais assez de temps. L’universitaire américain Douglas Hofstadter a énoncé ce principe dans un essai écrit en 1979 et récompensé par le prix Pulitzer en 1980. Cette loi est la suivante : « Il faut toujours prévoir plus de temps que ce qu’on pense nécessaire, même en tenant compte de la loi de Hofstadter ». Toutefois, il est très difficile, voire même impossible, de prévoir le temps nécessaire à la réalisation d’une tâche complexe.

Une loi peu connue mais immuable

Dans son essai, Douglas Hofstadter prend l’exemple des ordinateurs permettant de jouer aux échecs. A l’origine, on estimait qu’il faudrait dix ans pour qu’un programme informatique devienne champion du monde des échecs. Or, au bout de chaque période de dix ans, il fallait revoir cette estimation et la repousser de dix nouvelles années ! Cette loi présente donc un raisonnement en boucle.

Pourquoi se trompe-t-on dans l’évaluation du temps ?

Il est évident que l’on se trompe souvent dans l’évaluation du temps nécessaire à la réalisation d’un projet car on a généralement tendance à sous-estimer le temps nécessaire. Ces erreurs peuvent être dues à une méconnaissance du travail à accomplir, viser à faciliter l’acceptation d’un projet ou relever de l’orgueil… Le plus souvent, les plannings « glissent », d’où l’autre appellation de cette loi : la loi de glissement de planning.

Une loi universelle

Cette loi de Hofstadter se vérifie dans le domaine de la recherche et du développement mais encore plus dans le développement de logiciel. Dans ce domaine, les délais varient sans arrêt, les plannings glissent, le rétro-planning de départ est faussé. Les managers ne sont pas des techniciens et se trompent.

Une loi qui se prend en compte dès son énoncé

La loi de Hofstadter a une particularité. En effet, elle se prend elle-même en considération dans son propre énoncé. C’est-à-dire que même si on s’attend à dépasser le temps prévu à l’origine, il reste difficile d’évaluer à l’avance le temps nécessaire à l’accomplissement d’une tâche complexe. Cette phrase est auto-réflexive. Elle se cite elle-même, ce qui revient à dire que l’on pense en boucle. Même si l’on tient compte de la loi de glissement de planning pour planifier une tâche, il faut de nouveau reconsidérer cette loi pour être en accord avec elle. Le processus se répète à l’infini.

Quelques éléments de réponse

Dans son essai, Douglas Hofstadter propose quelques solutions. Il conseille de calculer le temps de manière très large. Mais cela prend des proportions énormes. En effet, il estime qu’il faut doubler la durée estimée et prendre l’unité supérieure. Par exemple, si on estime qu’un travail prendra 3 heures, il faut en réalité compter 6 jours pour le finaliser. Un projet estimé à deux semaines devra être réévalué à quatre mois ! C’est une solution impossible à appliquer au quotidien dans le monde du travail. Il reste donc finalement à prendre parti des retards et à s’en accommoder au mieux !

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